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mardi 27 juin 2017

Chronique : Ma fille voulait mettre son doigt dans le nez des autres


 Ma fille voulait mettre son doigt dans le nez des autres

Maxime Gillio



 Editions : Pygmalion
Date de parution : 22 mars 2017
Genre : Témoignage
Prix : 18.90€ (version papier)
14.99€ (version numérique) 

        

4ème de couverture : 


« Je vois Gabrielle, ma fille, m'observer de son regard indéchiffrable. Pourquoi ce livre? Après tout, c'est notre passé, sa vie, mes sentiments. Il ne concerne qu'elle et moi, pourquoi l'exposer aux yeux de tous ? Parce que nous en avons besoin. Parce que nous devons guérir de cet amour contrarié et nous retrouver. 
Je n'écris pas un livre sur l'autisme, encore moins un guide ou un mode d'emploi, j'offre les souvenirs que je nous ai volés. L'histoire banale d'un père et d'une fille ». 

Chaque jour, les chiffres concernant l'autisme nous alertent. 650 000 cas en France... Si chacun est différent, la souffrance de l'enfermement est, pour eux comme pour leurs proches, commune. Une souffrance que Maxime Gillio tente de contourner avec la force de ses mots, sincères et émouvants.




     Voilà un livre qu’il me tardait de lire. Depuis l’annonce de sa sortie, j’attendais le bon moment pour me le procurer et le bon moment pour le lire. Je tenais absolument à rencontrer Maxime Gillio pour lui dire combien j’avais envie de découvrir son récit. Je savais que l’occasion ne se présenterait que le 4 juin à Sailly Labourse pour le salon « Envie de Livres ». Mais tant pis j’ai pris mon mal en patience… Et vous savez quoi ? J’ai eu la chance de le remporter à l’un des concours organisé par Onirik.



     Bon sang que cette chronique va être dure à écrire… Déjà lors de ma lecture, j’ai dû à plusieurs reprises poser mon livre pour reprendre mes esprits et laisser passer la boule qui me serrait la gorge. Et même là, j’ai encore les larmes aux yeux tant ce témoignage m’a profondément touchée.

     Je vous rassure de suite ! Non, ce livre n’a pas été écrit pour faire pleurer dans les chaumières et faire apitoyer le lecteur sur ce que vivent l’auteur, sa famille et surtout sa grande fille, Gabrielle (tout comme les « quelques » 650 000 cas d’autisme recensés en France). Et non, tout n’est pas dégoulinant de mièvreries.
Maxime Gillio nous expose tout simplement les anecdotes d’une vie pas comme les autres. Un quotidien rempli de questionnements, de doutes, de souffrance mais surtout de lutte, de courage, de tendresse, d’Amour, et la (presque) inébranlable volonté d’aller de l’avant avec et pour Gabrielle.

     Certains événements prennent aux tripes le lecteur, lui mettent la rage au ventre ou le font carrément marrer (à l’image de celui qui a donné son titre au livre). Pour le coup, j’en ai encore des larmes de rire !! J’ai beaucoup moins ri en revanche en constatant à quel point l’intégration scolaire (quel que soit le handicap d’ailleurs) pouvait être difficile encore aujourd’hui. On entend beaucoup parler de harcèlement scolaire mais combien d’enfants ne peuvent tout simplement pas accéder à une scolarité. Surtout juste parce que l’éducation nationale est complètement inadaptée en la matière et ne se donne pas les moyens de faire un effort dans le bon sens. Je ne peux que comprendre le sentiment de trahison ressenti par l’auteur à certains moments !

     Mais ce que le lecteur peut retenir entre les lignes de cet ouvrage c’est comment accepter la différence. Enfin, il n’apporte pas de réponse concrète mais donne à réfléchir. Cela peut aussi peut faire ouvrir les yeux à ceux qui se voilent la face et qui font comme si le problème n’existait pas. J’en viens presque à me demander qui est réellement le plus handicapé dans l’histoire : celui qui lutte quotidiennement pour s’intégrer ou celui qui passe à côté sans tendre une main pour aider.

     Avec le ton employé, le franc parlé bien connu de Maxime Gillio et son humour un brin cynique, ce qui m’a le plus interpeler c’est que ce récit est une longue et magnifique déclaration d’amour d’un père à sa fille. Si certains passages m’ont forcés à poser quelques instants ma lecture, c’est parce que j’avais l’impression d’entendre mon père me dire toutes ces choses qu’il n’a pu exprimer avant de partir.

     Depuis que je l’ai rencontré au festival de l’imaginaire Les Halliennales en 2015, j’admire l’homme qu’est Maxime Gillio… et à l’époque je ne savais pas encore à quel point j’avais raison... C’est indescriptible mais j’ai de suite était à l’aise en sa présence, même si en même temps il m’intimide... Bref, là n’est pas le sujet… C’est un homme plein d’esprit (oui, oui, ça existe ça !) et vous ne pourrez que le constater par vous-même en lisant Ma fille voulait mettre son doigt dans le nez des autres
Je le recommande à tous, y compris aux plus jeunes car c’est eux l’avenir et j’ose espérer qu’ils pourront faire bouger les choses.

Ma note : 10/10  ❤


PS : Une partie des bénéfices des ventes est reversée à Autilink, une association qui oeuvre pour l'insertion professionnelle des autistes. Alors n'hésitez plus et foncez chez votre libraire préféré ;) 

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